rilke - brief an balthus

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proma
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rilke - brief an balthus

Beitrag von proma » 21. Apr 2006, 13:09

kann mir jemand weiterhelfen? ich suche ganz dringend den Brief, den Rilke an den Maler Balthus geschrieben haben soll, vermutlich im Jahr 1923. Danke!!

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lilaloufan
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Beitrag von lilaloufan » 21. Apr 2006, 22:42

Das gab's vor vier Jahren mal unter dem Titel: "Briefe an einen jungen Maler, gefolgt von Mitsou."
Das Rilke-Vorwort zu der Bildgeschichte "Mitsou" des damals 13-jährigen Sohns von Baladine Klossowski stammt von 1921.
In den "Briefen aus Muzot" steht jedenfalls keiner der acht Briefe aus den Jahren 1920 bis 1926, deren einen du suchst. In einer französischen Ausgabe
http://www.amazon.fr/exec/obidos/tg/det ... 49-7092162 ist das Büchelchen noch zu haben.
»Wir tragen leidenschaftlich den Honig des Sichtbaren ein, um ihn im großen goldenen Bienenstock des Unsichtbaren anzuhäufen.«

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lilaloufan
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Beitrag von lilaloufan » 22. Apr 2006, 06:29

Im Sommer 1921 war Balthus ja mit Elisabeth Spiro (Baladine) bei Rilke in Muzot. Ich denke, wenn du die Balthus-Stiftung in Château-d'Oex anrufst: [++41 26 - 924.30.17] (mailto:pascal.rittener-ruff@fondation-balthus.com), wird man dir weiterhelfen können.
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e.u.
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Beitrag von e.u. » 22. Apr 2006, 13:52

Château de Muzot sur Sierre, Valais (Suisse)
ce 23 février 1923.
Mon très cher B...,
A quelques jours d'ici vous allez célébrer une fois de plus l'absence publique de votre rare et discret anniversaire. Tous mes voeux, mon cher: que cette année de votre vie qui commence tantôt vous soit bonne et prospère, malgré tout, doit-on dire, car nous sommes, paraît-il, retombés au pire de la tourmente politique qui déjà a empoisonné tant d'années et qui peu à peu, les gens de mon âge prive de tout avenir raisonnable. Pour vous c'est autre chose, vous devez voir l'aurore de cette nuit mondiale qui nous engloutit, oui, vous devez la voir et l'appeler et la préparer de toute force.
Maintenant que vous connaissez Muzot, et les boutiques de Sierre, vous comprendrez parfaitement qui je dois venir les mains vides à votre fête…
Frida vous a préparé un gâteau, mais celui-ci ne pourra pas partir, le pauvre. Elle vient de me le montrer et j'ai dû convenir qu'il ne soit ni transportable, ni présentable… C'est plutôt eine Gespenstergeschichte. Avec une voix blanche, Frida me racontait, l’oeil tout rond encore de sa vision lugubre: "Um mitternacht, genau um mitternacht, ist er zur hälfte eingesunken!" En effet c'est un gâteau lunaire, puisqu'on ne voit qu'un seul côté, celui-là splendide, il est vrai, mais cela ne suffit pas à la réalité d'un "Gugelhupf", surtout quand il doit se mettre à voyager! On en fera un autre, mais puisque, je le crains, la poste est assez lente, vous ne l'aurez probablement qu'après la fête.
Et voici encore Minot qui s'approche pour vous féliciter, mon cher B... C'est un chat presque grandeur nature maintenant, très sage, extrêmement doux et grand dormeur. Les gifles, comme il était à prévoir, sont dépensées jusqu'à la dernière, elle vous montre ses pattes lentes et vides où dort un fond de caresses distraites. Son enfance se terminait par un exploit remarquable. Une nuit très froide - c'était encore en décembre, je crois - Frida (qui n'a pas un coeur à continuité) l'avait oublié dehors dans la neige, et au milieu de la nuit (à peu près au moment où les gâteaux s'enfoncent à moitié), voilà ce que cette petites bête a imaginé. Sans doute elle avait tourné autour de la maison pour trouver quelque trou où se glisser, alors, ne trouvant rien, elle a grimpé (pensez, à l'âge qu'elle avait alors!) sur l'arbre, ce prunier, à côté de la maison, elle s'est aventurée jusqu'en haut et elle a osé le saut magnifique sur mon petit balcon, d'où (puisque la porte reste toujours ouverte) elle est entrée dans ma chambre à coucher. Je me suis éveillé de sa petite voix moitié plaintive, moitié courroucée, sans pouvoir d'abord m'expliquer sa présence nocturne… N'est-ce pas une intelligence qui "promet"?…
Maintenant, depuis peu, elle dort toujours sur le grand poêle de la salle à manger toute la nuit, mais quant à son "service", les souris ne l'intéressent qu’ère, elle chasse les mouches et voudrait bien chasser les oiseaux qui, heureusement, apprennent dans leur école que les chats n'ont pas d'ailes.
Et vous, cher ami? Que fait la Kunstschule?... La fréquentez-vous maintenant? Et est-ce qu'on jouera votre pièce de l'Extrême-Orient? Ou les événements de la "Ruhr" auront-ils empêché cela - (comme tout le reste).
Tenez-vous ferme et courageux, mon cher, et en bonne santé, c'est tout ce que l'on peut, en attendant. Bien bien des choses pour Pierre et pour votre chère mère et votre père, mon cher B…
Je vous embrasse,
René

Quelle: Rilke: Lettres à un jeune peintre. Balthus. S.19-22.

proma
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Beitrag von proma » 24. Apr 2006, 09:54

Ganz herzlichen Dank für die Hilfe!

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